Porte Jehan-Lecoeur
Panorama de Rouen en 1904

Les Squatteurs de la route Neuve

Squatters_2 C'est en croisant régulièrement un des deux comparses marchant le long de la route de la corniche que j'ai fini par avoir la puce à l'oreille en ce printemps 2007.  De la route, une trace dans l'herbe et la présence de quelques affaires indiquent une trace de vie . L'automobiliste concentré sur la route ne voit rien .

GBR

Squatters_1_2L'accès n'est pas aisé, les véhicules sont nombreux à certaines heures et c'est avec prudence qu'on arrive dans le "nid" aménagé par les deux compères, sous les arbres.
Comme il faisait froid et humide ce matin là, un petit feu était entretenu et surveillé par les deux compagnons de galère. Les traits des visages sont marqués par ce mode de vie rude. Il disent s'appeler Christian, 50 ans ; ancien peintre en bâtiment et Marc, 45 ans ; ancien agent SNCF. Christian à un faux air de "farmer" anglais avec sa casquette, il squattait auparavant sur Rouen, dans une usine désaffectée qui a été rasée récemment. Marc aurait eu un grave accident de travail en 1991 dont il ne se serait jamais remis, puis ce fut la descente sociale, il est passé par Emmaüs, puis l'abbé Basire et la rue ensuite.

Squatters_2_3 Christian se débrouille pour la nourriture qu'il glane dans les poubelles et me montre sa belle réserve, un coffre plein ; protégée par une bâche. Ils essaient tant bien que mal, malgré la pluie et le froid de maintenir un certain confort. Ils n'ont pas choisi au hasard l'emplacement car une excavation leur permet de dormir à l'abris des éléments climatiques. Ils sont arrivés voici 2 mois et seuls les gendarmes sont passés leurs dire de s'en aller. Il m'ont cependant répétés plusieurs fois qu'ils préféraient vivre de cette façon à toute autre, pour eux ce mode de vie .
Quelques jours après mon passage, ils n'étaient plus là.

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